vendredi 7 novembre 2008

Les relations americano-turques à l'aune de la nouvelle Administration Obama


Le 4 novembre 2008, les Américains ont, une fois de plus, étonnés le monde. Barack Hussein Obama est devenu le 44ème Président des Etats-Unis d'Amérique. Premier président Noir du  "nouveau monde", il aura la lourde tâche d'endiguer la crise économique actuelle, renouer des alliances défaites sous l'administration Bush et mettre fin à la guerre en Irak. L'ère du changement  est arrivée et la victoire du Sénateur de l'Illinois est un coup de tonnerre américain donné au monde. 
Comment la Turquie, alliée des USA depuis son adhésion au Traité de l'Atlantique Nord en 1952 augure t-elle la Présidence Obama  ?
Pour Barçin Yinanç, journaliste au très kémaliste journal Hürriyet,  c'est un " retour à l'époque Clinton". L'attitude  wilsonnienne du président américain , fondée sur une politique étrangère multilatérale, encouragera et élargira les relations avec Ankara. La position de "pivot" de la Turquie au Moyen-Orient, à l'heure où cette zone géopolitique connaît une tension extrême, permettra au gouvernement turc d'accroître son rôle de leadership, après 8 ans de présidence Bush. 
Toutefois, il serait totalement erroné de négliger les bons rapports entretenus par Ankara sous l'ère Bush, et le discours de 43ème Président des Etats-Unis à l'Université Galatasaray d'Istanbul en 2004 démontre que la Turquie est un Etat clé au sein de l'OTAN et la tête de pont de l'Occident au Levant.
Néanmoins, l'attitude volontariste du Président Obama ne sera pas sans conséquence pour la république Turque. Selon la journaliste de l'Hürriyet, l'administration américaine sera plus  sensible aux aspirations des kurdes irakiens à l'heure où le retrait des troupes en Irak s'annonce...Les tensions extrêmement importantes qui existe entre Ankara et les Kurdes seront de moins en moins acceptées par l'administration Obama, et le respect des minorités, sensible en Turquie, sera le principal point d'achoppement. Ces questions, déjà sur la table sous l'administration Clinton seront, à coup sûr, redéployées par le Président Obama.
Il est fort probable, note la journaliste, que la Turquie réagisse relativement mal à cette ingérence diplomatique quant au sort des kurdes sur le territoire turc, tout comme la probable volonté du nouveau président de faire reconnaitre à Ankara, le caractère de génocide à l'égard des arméniens par l'Empire Ottoman lors de la première guerre mondiale.
Mais le gouvernement AKP de Recep Tayip Erdogan semble avoir pris conscience, un epu avant l'heure, des éventuelles redomontades des Etats-Unis, et a tendu la main au Président Arménien Sargsian, lors d'un match de football historique en septembre 2008 entre ces deux pays au passé tumulteux. Une réchauffement diplomatique entre Ankara et Erevan s'est opéré, comme pour "couper l'herbe sous le pied" d'éventuelles critiques de l'Administration américaine.
A nouveau Président, nouvelle politique, et c'est ainsi que de nouveaux liens s'augurent entre la superpuissance américaine et la République Turque... Ce sera probablement "un doux mélange" d'encouragement aux réformes démocratiques opéré par l'AKP et une dimension critique beaucoup plus importante que sous l'ère Bush. Erdogan a anticipé cela, et tentera probablement de limiter une trop forte pression américaine sur des questions sensibles toujours d'actualité...
Les USA prendront acte de la reconstruction du dialogue entre Ankara et Erevan, ils l'encourageront certainement, mais n'oublieront pas les questions en suspends...

dimanche 2 novembre 2008

Escale aux iles des Princes

Le soleil se couche, il est 16h30. La brume envahit Istanbul et les minarets s'éclairent peu à peu. Le bateau quitte le quai de Kabatas (Prononcez Kabatach) pour 1h30 de trajet  sur les flots de la Mer de Marmara. 
Premier Arrêt : Kadikoÿ (prononcez Kadeuköy), sur la rive asiatique d'Istanbul aux côtés de la Gare Haydarpasha, construite par deux architectes allemands. C'est le point de départ des voyages pour Ankara, l'Anatolie, ou l'Iran...Le bateau prend quelques passagers supplémentaires et nous quittons " la sublime porte" pour une heure de trajet. Les tankers passeront la nuit au large d'Istanbul, attendant l'autorisation de traverser le Bosphore pour rejoindre la Mer Noire.

Le bateau avance doucement sur les flots, ce vapür (nom turc pour ce type d'embarcation) glisse lentement sur l'eau bleue nuit, crachant sa fumée noire par delà la cheminée aux armoiries de la marine turque....il flotte un air des années 30 où la bourgeoisie stambouliote venait se reposer dans ces iles reculées, éloignées du tumulte incessant de la cité étincelante. 

Nous arrivons à BüyükAda, la principale île de l'archipel, la plus grande et la plus élégante. Les cheveaux et calèches ont remplacé les voitures, et l'odeur entêtante du purin envahit  les boutiques, les hall d'hôtels. La nuit tombe et les restaurants de poissons attirent le clients par leur pêche du jour, faîte de daurade et de turbo.
En nous éloignant peu à peu de ce bord de mer éclairé de milles feu par les échoppes ouvertes, une quiétude surprenante  s'offre à nous. De longues avenues bordées de magnolia, de sublimes maisons néocoloniales se dressent face à la mer. Certaines sont habitées, d'autres sont des résidences secondaires aux volets clos. Le claquement des sabots des chevaux sur l'asphalte est le seul bruit perceptible à l'oreille de l'Homme. Tout est silence et repos.  Il est aisé de s'imaginer le faste d'antan, les grandes familles déchargeants leurs malles pour venir passer les vacances à la mer, sur ce petit bout de terre observant d'un oeil distrait la bouillonante Istanbul.

Visiste d'une journée ou d'un week end, le choix de passer la nuit sur l'île est attirant, d'autant plus que les prix proposés ne sont pas particulièrement élevés ( comptez 40 € dans une pension et 60 € dans un hôtel 3***). Le Princess Hotel  sur l'unique place de l'île est charmant, doté d'une piscine, et propose un petit déjeuner derrière de gigantesques baies-vitrées face à la mer.
Locations de vélo, tour en calèche, marche à pied : voiçi les trois uniques moyens de visiter l'ile. Il vous en coûtera 3YTL (1,5 €) pour une heure de VTT, et 50 YTL (25 €) pour une heure et demi de calèche  traversant d'un bout à l'autre l'île du Prince. 
Le monastère Saint Georges, haut lieu de pélerinage de l'orthodoxie, est toujours en activité, et domine l'île  par son sommet.
Les bateaux relient le continent toutes les demi-heures environ. Si le temps le permet, préférez rentrer en Hiver aux alentour de 16h pour observer le somptueux coucher de soleil sur la mer de Marmara.

Le bateau s'éloigne lentement, la petite île reposante n'a pas dévoilée tout ces mystères, derrières les quelques maisons en ruines qui parsèment notre chemin...des histoires se sont écrites sur ce piton rocheux élégant et silencieux....une parenthèse essentielle pour qui veut bien s'éloigner quelques temps, du feu sacré de "la Sublime Porte"...

Renseignements Utiles :

Pour s'y rendre :  Prendre le vapür à Kabatas ( 10 départs /jours) jusqu'à Büyük Ada : 1h30 de voyage

Où dormir ?  Le BüyükAda Princess Hotel offre des chambres spacieuses et propre avec vue sur l'ile(60 €) et  vue sur mer (100 €), petit-déjeuner compris.
Si le budget est trop élevé, préférez une pansyion qui vous proposera la nuit pour environ 40 €.

Où manger ?  Refusez les restaurants du bord de mer, où la nourriture est souvent de mauvaise qualité. Préférez les restaurants de la place principale, dont l'Antebi qui propose une carte variée de produits très frais, à des prix relativement intéressant (comptez 15 € pour un repas complet).

Que faire ?  Visiter l'île en vélo ou en calèche est la meilleure des solutions.Il n'y a pas de musée ou autres attractions touristiques, seulement des chemins et de longues avenues bordées de magnolia qui dissimulent de grandes bâtisses aux reflets d'antan...Idéal pour se reposer pendant un week-end.