jeudi 23 octobre 2008

Un après-midi avec Pierre Loti

Un peu d'Histoire : 

Ecrivain adulé et fêté presque comme aucun autre de son vivant, Pierre Loti (1850-1923), de son véritable nom Julien Viaud, était officier de marine, et qui eu la chance de beaucoup voyager.Parmi tous les pays visité, c'est la Turquie qui le passionne, à ce point qu'il la proclame comme " sa seconde patrie". On est tenté de résumer son amour pour la Turquie à une idylle de jeunesse qu'il vécut pendant son premier séjour (1976-1877) avec une jeune femme qui n'hésitait pas à quitter le harem de son mari pendant son absence afin de venir se jeter dans les bras de son bien-aimé.L'amour porté à Aziyadé souligne son attachement et son estime à la Turquie et au peuple turc. Aziyadé meurt quelque temps après le départ de son amant, et lorsque Pierre Loti se rendit à Constantinople, dix ans après, c'est sur la tombe de cette dernière qu'il se recueillat, au cimetière de Topkapi (prononcez Topkapeu). Pendant ses séjours en Turquie, Loti se déguisait en Turc, avec un fez sur la tête et un chapelet à la main, il se plaisait à se mêler à la vie du peuple, errer dans le vieux Stamboul, s'asseoir au café....et se rendre dans son endroit préféré, au fond de la Corne d'Or, à Eyüp : " Et au fond de ce Golfe enclavé dans une ville, tout au fond, sous les vieux cyprès et les vieux platanes, le saint faubourg d'Eyoub (Depuis la réforme orthographique d'Atatürk, le lieu s'appelle Eyüp), coeur de l'Islam en Europe, enfoui dans une sorte de bocage funèbre, entouré de tombes...

Comment s'y rendre ?

Le moyen le plus agréable pour visiter la Corne d'Or et se rendre à Eyüp est incontestablement le bateau. Départ toutes les heures des embarcadères de Karaköy et d'Eminönu. Cette Corne d'or devient plus plaisible à mesure que l'on s'éloigne de l'entrée, encombrée de paquebots, et la partie que nous longeons à présent semble reposante, retirée. Allez jusqu'au terminus, Eyüp, vous prendra une petite demi-heure et vous coûtera 1.40 YTL (0,60 €). 
Si vous avez le mal de mer, prenez  un bus 44B, 99, 36 CE, au départ d'Eminönü.

Pour aller au café Pierre Loti, prendre l'exquise avenue qui longe les saints tombeaux ottomans,cette avenue qui s'enfonce, toute blanche vers cette impénétrable mosquée en marbre blanc, dont on aperçoit confusément le dôme sous un bouquet de platanes et de cyprès immenses. Traversez le cimetière accroché à la colline, où les tombes les plus ornées côtoient les plus modestes. Un quart-d'heure plus tard, vous parviendrez  au sommet, tournez sur votre droite, et longez les échoppes. (Si vous ne souhaitez pas marcher, un téléphérique vous y emmènera).
Face à vous, la terrasse du Café Pierre Loti donnant sur la Corne d'Or, une quarantaine de petites tables rondes recouvertes d'un napperon à carreaux rouges et blancs. Sur votre gauche, le Café, vielle maison en bois où vous pourrez consulter ( consulter seulement) les éditions originales de Pierre Loti (Azyadé,...) en buvant un café turc (3.30 YTL) ou autres boissons.
Une petite boutique de souvenir est attenante au Café, et vous pourrez ramener une partie de l'oeuvre de l'écrivain pour environ 15 YTL (8 €) l'ouvrage, des dessins, des gravures, des cartes postales de l'ancienne Constantinople.

Il règne dans ce café, sur cette terrasse protégée des platanes, une quiétude surprenante et envoutante. Préférez vous y rendre vers 17h en Hiver, pour observer le soleil couchant qui poudroit la ville d'une pellicule d'or et qui dissimule les misères en transformant les cheminées d'usine en minarets. Il est alors permis d'imaginer ce que devait être le spectacle du Sultan venant en pèlerinage à Eyüp sur son caïque imperial, escorté de ses vizirs et de ses pachas, sous l'oeil attendri de Pierre Loti...

Pour revenir :

Soit vous reprenez le bateau (vapür) ou le bus, mais si vous souhaitez un retour un peu plus romantique et paisible, prenez une de ces petites barques de pêcheur attenantes au quai d'Eyüp. Il vous en coûtera 20 YTL (10 €) pour revenir à Karaköy ou à Eminönü, sans touristes, sans arrêts, au ras de l'eau, et au son du petit moteur qui nous éloigne lentement dans les brumes du soir, de la colline d'Eyüp et de cimetière parsemé de cyprès...

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